Depuis la rupture de l'union avec le Danemark et la Norvège, la Suède avait axé sa politique étrangère sur la conquête de la mer Baltique, ce qui, à partir des années 1560, provoqua des conflits armés répétés avec le Danemark.
Etant intervenue, en 1630, avec grand succès dans la Guerre de Trente Ans aux côtés des protestants, la Suède, dont le roi Gustave II Adolphe était devenu un des principaux monarques d'Europe, vainquit le Danemark dans deux guerres — celle de 1643–45 et celle de 1657–58 —, ce qui lui permit d'annexer la Scanie, les provinces de Halland et de Blekinge et l'île de Gotland, jusque-là possessions danoises, et d'arracher les provinces de Bohuslän, de Jämtland et de Härjedalen à la Norvège. La Suède, qui comprenait en outre la Finlande et un certain nombre de territoires baltes et du nord de l'Allemagne, devint ainsi, après le Traité de Westphalie (1648) et la paix conclue avec le Danemark à Roskilde (1658), l'une des toutes grandes puissances du Nord de l'Europe. Mais à part quelques modestes forges et la mine de cuivre de Falun, elle restait un pays purement agricole caractérisé par une économie de troc et manquant des ressources nécessaires pour pouvoir maintenir à la longue cette position de grande puissance.
Vaincue, dans la grande Guerre du Nord, par le Danemark, la Pologne et la Russie (1700–21), la Suède perdit la plus grande partie de ses provinces d'outre- Baltique et sa souveraineté se trouva réduite à un territoire correspondant, en gros, à celui de la Suède et de la Finlande d'aujourd'hui. Au cours des guerres napoléoniennes, elle dut finalement céder la Finlande à la Russie et renoncer à ses dernières possessions en Allemagne du Nord. En compensation de ces pertes, le prétendant nouvellement élu au trône de Suède (1810) — le futur Charles XIV Jean — parvint à annexer la Norvège, contrainte, en 1814, à s'engager dans une union avec la Suède.
Après de multiples conflits internes, celle-ci fut cependant dissoute pacifiquement en 1905.
Après la courte guerre qui l'opposa à la Norvège à la suite de l'union de 1814, la Suède n'a plus participé à aucun conflit armé et, depuis la Première Guerre mondiale, elle a aussi adopté ouvertement, en politique étrangère, une ligne de conduite fondée sur la nonalliance en temps de paix, la neutralité en temps de guerre et la sécurité assurée par une puissante défense nationale. Dans le même temps, la Suède devint néanmoins membre de la Société des Nations en 1920 et des Nations unies en 1946. Dans le cadre de ces organismes, elle a participé à de nombreuses actions internationales visant au maintien de la paix.
La fin de la guerre froide et de la division politique de l'Europe offrent désormais des perspectives nouvelles à la politique étrangère et de sécurité de la Suède, qui se voit ouvrir la voie de sa participation au processus d'intégration de l'Europe occidentale. C'est pourquoi la Suède a introduit en 1991 sa demande d'adhésion à part entière à la Communauté européenne (CE), et est devenue membre de l'Union européenne (UE) le 1er janvier 1995 à la suite d'un référendum tenu en novembre 1994. La Suède a choisi de ne pas adhérer à l'Union économique et monétaire (UEM) dès l'entrée en vigueur de celleci le 1er janvier 1999, mais elle y entrera peut-être par la suite, dans ce cas après un nouveau référendum ou après des élections législatives lors desquelles l'UEM sera l'une des questions majeures. La non-participation aux alliances militaires, qui permet au pays de rester neutre en cas de guerre dans son environnement proche, est la doctrine sur laquelle repose la politique de sécurité suédoise. Le gouvernement considère que la non-participation aux alliances militaires doit être maintenue. Pour ce qui est de la formulation concernant la neutralité, il a annoncé fin 2000 des délibérations avec les partis politiques en vue d'une nouvelle définition de la politique suédoise, dans le contexte des changements intervenus dans le monde.